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France : PENSIONS DES ANCIENS COMBATTANTS ETRANGERS :AU NOM DU DROIT, METTRE FIN A 50 ANS D’INJUSTICE.

PENSIONS DES ANCIENS COMBATTANTS ETRANGERS : AU NOM DU DROIT, METTRE FIN A 50 ANS D’INJUSTICE.

Ce 8 mai 2003, la France célèbre, en même temps que d’autres pays, le 58ème anniversaire de la Libération de la France, de l’horreur nazie. Le jour du 8 mai 1945 avait résonné d’échos multiples : ceux des résistants qui avaient combattu dans la clandestinité, ceux des soldats qui avaient fait la campagne d’Italie ou qui avaient débarqué en Méditerranée, avec parmi eux 112 000 " indigènes " sur les 214 000 de la première armée de de Lattre, 7 000 parmi les 18000 soldats de la 2ème DB du Général Leclerc ; l’effort de mobilisation avait porté sur 150000 algériens, 85 000 Marocains, 46 657 Tunisiens. Africains, Antillais et Malgaches auraient fourni 113 000 hommes aux régiments coloniaux de 1942 à 1945. Ces hommes avaient été comme mêlés dans un destin commun, celui d’une liberté que tous devaient partager. Quel symbole que cette victoire de la liberté qui réunissait des hommes de toutes les couleurs et de plusieurs continents ! Quel espoir et quelle promesse que cette attente d’une ère nouvelle de l’humanité !

Le 26 décembre 1959, l’Assemblée nationale décidait de " cristalliser " les pensions des anciens combattants dont les pays devenaient indépendants ; ne plus être de nationalité française était considéré comme une déchéance qui avait pour effet de bloquer toute progression des pensions, désormais gelées. Par ce blocage, les anciens combattants issus des colonies ont perdu des indemnités qui étaient un dû au même titre que celles de tous les combattants. Le MRAP a longtemps dénoncé une discrimination honteuse et mesquine, et réclamé réparation.

Suite au recours d’un ancien sergent sénégalais, le Conseil d’Etat a reconnu par un arrêt du 30 novembre 2001, le droit à une revalorisation des pensions militaires des Anciens combattants colonisés au même taux que les agents français, avec rattrapage depuis la date de cristallisation des pensions. Le MRAP, avec d’autres associations, a salué cette mesure de justice et de réparation. Malheureusement les deux gouvernements successifs n’ont pas partagé le même enthousiasme pour la signification d’un tel retour à une justice égale. Le gouvernement de M. Raffarin a fait inscrire un crédit au titre du budget 2003, comme premier geste qui fixerait le montant des attributions en fonction du niveau de vie des pays des pays de résidence ; comme si les pauvres devaient toujours être dévalorisés ! Aucun engagement de rattrapage intégral ne semble avoir été pris.

C’est pourquoi le MRAP exige l’égalité de traitement. Au moment où l’on voit un déferlement de haine à l’endroit des immigrés, le MRAP souhaite et attend des pouvoirs public et du gouvernement une plus grande valorisation de l’apport, dans notre patrimoine historique, de la contribution, au prix de leur vie, de ces anciens combattants étrangers.

Paris, le 7 mai 2003.


jeudi 8 mai 2003

Voir en ligne : Pour mieux connaître le MRAP

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