Adieu
Iba N’Diaye
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dimanche 12 octobre 2008, par

Décédé à Paris le 27 septembre, le père des arts plastiques contemporains au Sénégal a inscrit son œuvre sous le signe de la rencontre entre l’Afrique et l’Occident.
Sa haute stature, la douceur de son expression, sa modestie et sa discrétion imposaient le respect et la sympathie. Son œuvre force l’admiration. Iba N’Diaye, qui s’est éteint le 27 septembre à Paris à l’âge de 80 ans, est probablement le plus important des peintres sénégalais modernes. C’est lui, en tout cas, qui a inauguré cette forme d’expression artistique dans le pays de la Téranga et lui a donné ses lettres de noblesse.
Né à Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, en 1928, Iba N’Diaye a pris goût à la peinture à travers les images de ses livres d’école mais aussi en allant admirer les tableaux qui ornaient l’église de sa ville natale. Arrivé en France en 1948, il entreprend de longues études, de sculpture pour commencer, qui le conduiront notamment à l’École des beaux-arts de Montpellier et à l’École supérieure des beaux-arts de Paris. C’est là qu’il perfectionne sa technique du dessin, qu’il considérera toujours comme la base de son art. Parallèlement, il parcourt l’Europe à la découverte des musées. Les arts africains traditionnels sont loin de lui être indifférents, d’autant que son épouse, Françoise, ancienne conservatrice au musée de l’Homme de Paris, en est l’une des plus grandes spécialistes.
À la veille de l’indépendance de son pays, il rejoint Dakar où, à la demande de Senghor, il crée le département arts plastiques de l’École nationale des arts. Il y enseignera jusqu’en 1966, année où il est l’un des maîtres d’œuvre du premier Festival des arts nègres. De retour en France, il y passera le reste de sa vie.
Très réservé sur l’évolution de l’art contemporain, Iba N’Diaye est un peintre réaliste. Si sa technique est imprégnée de sa familiarité avec les grands maîtres occidentaux, l’inspiration, elle, est africaine. Il peint des scènes de marché, des femmes dans leurs activités quotidiennes, des paysages. Sa série sur la Tabaski et le sacrifice rituel du mouton est l’une des plus connues. Un autre thème de prédilection de ce passionné de jazz est la musique. Et c’est peut-être justement dans le rendu sculptural des trompettistes et des saxophonistes de Manhattan que son art prend toute sa force d’expression.
Iba N’Diaye a exposé partout dans le monde. Sans jamais oublier ses compatriotes, auxquels ses toiles ont été régulièrement présentées pendant quarante ans. Et c’est à Dakar, au musée de la place du Souvenir africain, qu’il aura réalisé sa dernière grande exposition, en mai-juin derniers, à l’occasion de la Biennale de l’art africain contemporain, dont il était l’invité d’honneur.
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