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François Fillon prend en main le débat sur l’identité nationale

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lundi 8 février 2010, par Gérard Bon, édité par Yves Clarisse


François Fillon a lancé lundi un séminaire gouvernemental destiné à remettre sur les rails le débat sur l’identité nationale, qui suscite critiques et réserves jusque dans les rangs de la majorité.

Trente ministres et secrétaires d’Etat se sont réunis autour du Premier ministre en début d’après-midi, dans la salle du Conseil de Matignon, pour plancher sur un thème lié aux questions d’intégration et d’acquisition de la nationalité.

Huit membres du gouvernement, en déplacement à l’étranger ou accaparés par leur agenda, se sont fait excuser pour cette réunion d’une heure et demi environ.

L’exécutif, qui pourrait annoncer des mesures susceptibles d’être appliquées avant l’été et des propositions à plus long terme, se défend de chercher à enterrer une initiative qui suscite l’embarras jusque dans la majorité.

Mais pour le Parti socialiste, ce séminaire "ressemble à un enterrement de première classe, mais avec les égards dus à Eric Besson", le ministre de l’Immigration à l’origine de cette initiative controversée.

"Si, aujourd’hui, le gouvernement recule, c’est parce qu’il sait qu’il s’est trompé", a déclaré son porte-parole, Benoît Hamon, lors d’un point de presse.

Pour l’opposition, le débat lancé fin octobre par le ministre de l’Immigration est une manoeuvre électoraliste en vue des élections régionales de mars et une entreprise de stigmatisation de la communauté musulmane.

Ce débat, "utile et nécessaire", est appelé à se pérenniser, assure-t-on au contraire à la tête de l’exécutif, même si l’on concède des dérapages. Quelque 350 débats ont été organisés en trois mois à travers la France.

DU SERMENT CIVIQUE À LA MARSEILLAISE

Ce séminaire "n’est qu’une étape", a répété lundi sur France Inter Eric Besson, qui s’est vu parfois reprocher d’avoir agi dans la précipitation, sans consulter les autres ministres.

Martin Hirsch, le Haut commissaire aux solidarités actives plus que réservé sur cette initiative, n’a pas assisté au séminaire en raison d’un déplacement au Pérou. Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo se trouve pour sa part en Inde.

Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, a exprimé des réserves lundi matin sur la façon dont a été lancé ce débat public.

"Ce n’est pas sur le fond, c’est peut-être sur la forme qu’on aurait pu faire autrement", a-t-elle dit sur i>Télé.

Eric Besson, qui se prévaut d’"un succès populaire", avait initialement prévu d’en tirer les premières conclusions à l’occasion d’un colloque, avec une possible intervention du président Nicolas Sarkozy.

Il affirme lundi dans Le Parisien ne pas sentir dépossédé du dossier par François Fillon. "Pas une minute", dit-il.

"C’est une manière de le pérenniser, de le conforter en l’inscrivant dans un cadre interministériel", ajoute-t-il, en précisant que Nicolas Sarkozy s’exprimera à une date qui n’a pas encore été fixée.

Aujourd’hui, nombreux sont les élus de la majorité qui craignent que ce débat ne coûte des voix au camp présidentiel lors des élections régionales des 14 et 21 mars.

Eric Besson, qui dit tout "assumer", estime au contraire que sa démarche a démontré l’aspiration des Français à un "renouveau du pacte républicain".

Ce vocabulaire laisse suggérer un recentrage du débat, parti de l’idée de Nation, sur un renforcement du "pacte républicain", déjà largement développé en 2007 avec le lancement du Contrat d’accueil et d’intégration pour les postulants à la nationalité.

Eric Besson a confirmé lundi avoir soumis plusieurs idées à Nicolas Sarkozy et François Fillon, dont l’idée de parrainages républicains, celle de faire chanter la Marseillaise au moins une fois par an aux jeunes Français, et solenniser, par un serment citoyen, l’accession à la citoyenneté des étrangers.

Le Contrat d’accueil et d’intégration de 2007 comporte déjà une formation civique centrée sur les principes et valeurs de la République et une formation linguistique la cas échéant.

Le gouvernement pourrait cette fois décider d’élever le niveau de connaissance du Français.


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